Améliorer l’insertion des immigrés sur le marché du travail

Si les personnes immigrées représentent un cinquième de la population en âge de travailler de la Belgique, leur intégration au marché du travail reste faible. En particulier, le taux d’emploi des ressortissants de pays extérieurs à l’UE est très bas, de même que celui de leurs enfants nés en Belgique. Par ailleurs, les immigrés sont très exposés au risque de pauvreté dans la mesure où les emplois qu’ils occupent sont plus précaires et moins bien rémunérés. Ce phénomène s’explique par leur faible niveau de scolarité, et en conséquence une forte sensibilité aux facteurs dissuasifs pour le travail et à des salaires minimums relativement élevés, mais aussi par des handicaps répandus et ancrés tel que la discrimination et la maîtrise insuffisante des langues nationales de la Belgique.Une stratégie en deux volets est indispensable pour améliorer la situation des immigrés sur le marché du travail. D’une part, il convient d’optimiser les mesures ciblées sur les immigrés. Pour améliorer l’appariement de l’offre et de la demande d’emplois, les immigrés doivent être mieux accompagnés pour développer et faire valider leur capital humain, tandis que les employeurs, dans le secteur public comme dans le secteur privé, doivent être davantage incités à diversifier leurs effectifs. D’autre part, des réformes générales visant à améliorer le fonctionnement de l’économie, au demeurant bienvenues en tant que telles, pourraient aussi avoir des retombées positives significatives sur les immigrés. Des marges importantes existent pour réduire les coûts de main-d’œuvre et accroître les incitations au travail pour les travailleurs peu qualifiés. Il faut aussi renforcer l’équité dans le système éducatif, qui doit mieux répondre aux besoins des enfants d’immigrés.

Improve the integration of immigrants into the labor market - While immigrants represent a fifth of the population of working age in Belgium, their integration into the labor market remains weak. In particular, the employment rate of nationals from countries outside the EU is very low, as well as that of their children born in Belgium. Moreover, immigrants are at high risk of poverty to the extent that the jobs they hold are more precarious and less well paid. This phenomenon is explained by their low level of education, and therefore high sensitivity to disincentives for work and relatively high minimum wages, but also by widespread and entrenched handicaps such as discrimination and insufficient language skills national of Belgium. A two-pronged strategy is needed to improve the situation of immigrants in the labor market. First, it is necessary to optimize measures targeting immigrants. To improve the matching of supply and demand for jobs, immigrants must be better together to develop and validate their human capital, while employers in the public sector as in the private sector, need to be more encouraged to diversify their workforce. On the other hand, general reforms to improve the functioning of the economy, moreover welcome as such, could also have significant positive impact on immigrants. Significant margins exist to reduce the cost of labor and increase work incentives for low-skilled workers. It should also enhance equity in the education system, which must meet the needs of immigrant children.


Details

Author(s) OECD
Language French
Year of publication 2015
Journal Etudes économiques de l’OCDE
Volume, Number 4, 4
Page(s) 61 - 87
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